24 heures à la Porte d’Auteuil – la suite

Au menu de ce 2ème jour : un peu de tennis féminin, des réactions in english (!), et un match épique.

Entrée : une pincée de douceur

Notre journée commence sur les coups de 13h (oui, on était pas masos jusqu’au point de se lever tôt pour voir un DaniilidouCepede Royg et rendre ainsi notre petit déjeuner). Le 1er tour du tableau féminin se joue aujourd’hui, et on assiste à la victoire tranquille de Paula Ormaechea contre la modeste ukrainienne Kateryna Kozlova. L’argentine, finaliste à Bogota en début d’année et titrée récemment à l’ITF de Saint-Gaudens, a maitrisé son sujet du fond du court et a semblé particulièrement motivée tout au long du match.

Puis direction le court 9 pour découvrir Anna Karolina Schmiedlova, 18 ans et finaliste de Roland juniors l’an passé. La slovaque, qui avait battu Alizé Cornet 6/3 6/0 à Katowice début avril, domine facilement l’américaine Julia « Moonball » Cohen en jouant un tennis posé et intelligent. Une joueuse à suivre…

Plat de résistance : Coups de marteaux & parpaings

Ensuite, c’est le court 7 et ses gradins remplis de gamins bruyants : normal, c’est la journée des enfants et un français est sur le court. Pierre-Hugues Herbert, « P2H » pour les intimes ou les chimistes, affronte Simon Greul, un allemand de 32 ans habitué aux joutes du circuit secondaire.

P2H semble bien embarqué puisqu’il mène 6/4 1/0*, et que Greul fait appel au kiné. Mais l’allemand hausse ensuite son niveau de jeu et le breake au 11ème jeu du 2nd set. Le match vient de basculer, Greul, le plus à l’aise des deux sur la surface ocre, l’emporte 4/6 7/5 6/2. Dehors, P2H est véritablement assailli par les marmots en quête d’autographes, non loin de Michael Llodra, pris d’une crise d’urticaire à la vue de tous ces petits merdeux petits anges remplis d’énergie.

La phrase du match : « Tu arrêtes avec ton marteau ? », de P2H à un ouvrier occupé à monter la brasserie juste derrière le court 7.

On se dirige plus tard vers le court 15, où le Playmobil made in China Di Wu affronte le GI Joe US Steve Johnson. L’américain, aidé par un service dévastateur et un coup droit efficace, s’impose avec la douceur d’un tremblement de terre au Pakistan (Di Wu dans le rôle du Pakistan). Il nous répond gentiment malgré notre accent anglais à faire rougir d’envie Richard Gasquet :

Comment te sens-tu sur terre battue, une nouvelle surface pour toi ?
« Oui, je dois m’y habituer, je m’entraine dessus depuis quelques semaines pour que ça devienne plus…normal. »

Hier tu as perdu le 1er set mais depuis tu n’as laissé que 6 jeux à tes adversaires…
« Oui, je joue bien, je sers bien, c’est important sur terre pour que j’aie mes chances contre les autres mecs… »

Au dernier tour, ça sera Ungur ou Weintraub (Ungur s’est finalement imposé), tu en penses quoi ?
« Je les connais pas vraiment tous les deux, donc je vais m’entrainer dur demain pour être prêt vendredi. »

Apéro : un dernier pour la route

Il est bientôt 18h, allons voir un dernier match qui devrait se conclure rapidement…tiens, pourquoi pas Denis Kudla qui a remporté le premier set contre Peter Polansky.

Kudla, né il y a 20 ans à Kiev, est un américain prometteur : il a été 3ème mondial chez les juniors avec une finale à l’US Open 2010 contre son compatriote Jack Sock (également présent aux qualifs). Il était sorti des qualifications à l’Open d’Australie 2012 et avait ensuite pris un set à Tommy Haas au 1er tour du grand tableau. Récemment, il a remporté le challenger de Tallahassee (le 3ème titre de sa carrière) en battant notamment Ryan Harrison en 1/2.

Polansky est un Canadien de 24 ans qui a déjà participé à 3 Grand Chelem, avec un match gagné à l’US Open 2010 contre Juan Monaco. Il a la particularité de souffrir de somnanbulisme, ce qui a failli lui coûter sa carrière – et même plus : en 2006, au Mexique, il fait une chute de 3 étages après un mauvais rêve nocturne. [C’était notre point « Pierre Bellemare » du jour]

Kudla a donc gagné le 1er set 6/4, mais ne met pas vraiment la main sur le match. Polansky se bat bien et égalise à une manche partout. Derrière nous, Adrian Ungur (une de nos pouliches) vient à bout d’Amir Weintraub dans un match esthétique de revers à une main malgré un mauvais départ et quelques grosses fautes (1/6 6/3 6/4). Mais revenons sur le court 18, désormais rempli à ras bord.

Kudla breake d’entrée de 3ème set, mais ne confirme pas et se fait débreaker dans la foulée. On sent quand même qu’il est le plus fort des deux, surtout physiquement. A 6/5* puis 7/6*, il se procure deux balles de match, que Polansky sauve impeccablement d’un ace et d’un coup droit gagnant. Le yankee, qui montre quelques signes d’agacement, se fait ensuite breaker à 8/8 après quelques excellents retours de service de la part du canuck.

Polansky sert donc pour le match à *9/8, mais semble lessivé. Au courage, il s’approche à 2 points de la victoire. Kudla arrive toutefois à garder son calme et débreake grâce à un superbe revers gagnant long de ligne. L’américain est vraiment solide physiquement et sa victoire ne semble être qu’une question de temps. Cependant, il fait encore quelques erreurs inutiles et Polansky s’accroche, tel le bout de scotch sur le pouce du capitaine Haddock.

A 13/12*, Kudla se procure une 3ème balle de match, qu’il gâche à cause d’une erreur de coup droit. Derrière, il est mené 0-30 sur son service après deux erreurs grossières, mais se ressaisit vite. Il tient sa mise en jeu et l’emporte finalement 15/13 pour un des 3èmes sets les plus longs de l’histoire des qualifs de Roland.

Nous l’interrogeons à la sortie du court :

Comment tu te sens ? C’était une sacrée bataille…
« Oui, ce n’était probablement pas le match le plus facile qu’il m’ait été donner de jouer…j’ai vraiment tout donné pour gagner ce match. »

Tu menais d’un break dans le dernier set, puis tu as eu des balles de match qu’il a bien sauvées…
« Oui, j’ai juste essayé de rester concentré…je suis vraiment content de m’en être sorti. »

Quelle était la clé du match ? Tu étais peut-être meilleur physiquement…
« Oui physiquement j’ai pris le dessus. Après, on a bien joué tous les deux et à la fin, j’ai joué un bon jeu alors que lui a un peu tremblé, et j’en ai profité.

C’est la victoire la plus difficile de ta carrière ?
« Oui clairement. Je suis très très satisfait… »

Au dernier tour, tu joues De Greef. Tu le connais ?
« Oui, assez bien, on s’est joué en juniors. Ça fait 2 ans que je ne l’ai pas vu jouer, je suis vraiment excité de l’affronter. On avait fait un gros match en juniors donc j’ai hâte d’y être. »

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3 réponses à 24 heures à la Porte d’Auteuil – la suite

  1. Sock et Johnson qualifies!!! Non ,mais allo quoi,c est ouf.
    Lajovic decevant de même qu Ungur ne mérite même pas d être repêches .
    Robert élimine ,texeira en sursis ,gros bilan français pour ces qualifs,Nicolas ,revient!!!!

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