Dustin Brown, rasta raquette

Il vient d’atteindre pour la première fois de sa carrière un 3ème tour en Grand Chelem. Découvrez un des joueurs les plus atypiques du circuit.

Si un seul joueur devait symboliser l’abnégation des tennismen de seconde zone, nul doute que Dustin Brown serait le candidat idéal.

On s’roule un pétard ?

 

Balance man…Cadence man…Dustin Brown is in da place, yezzzzzzzzzzzziiirrrrr ! Le joueur sans doute le plus atypique du circuit est né en Allemagne il y a 28 ans d’un père jamaïcain et d’une mère allemande. Le petit Dustin y grandit jusqu’en 1996, date à laquelle il part pour la Jamaïque. Après avoir fini le lycée, il y joue des futures jusqu’en 2004, année où il revient en Europe, pour écumer les Futures et Challengers allemands, voyageant d’un tournoi à l’autre dans…un van offert par ses parents, payant l’essence grâce aux maigres prize-money encaissés.

« It was a pretty big camper, actually, with three beds and a kitchen. So I could save quite a bit of money, cooking for myself. I adjusted to it very well. Yes, I was by myself at the beginning quite a lot, but you get used to it. Then there were my friends at the tournaments, who I’d hang around with, and often I’d have a companion travelling with me in the camper. It was a bit of an adventure. »

Sans entraineur et sans support de la fédération jamaïcaine, Brown progresse peu. Il faut attendre 2007 pour le voir gagner son premier Futures. C’est en 2009 que « Dreddy » (le surnom vient de ses cheveux) explose : 3 finales en challengers et un premier titre à Samarkand, une place de 144ème mondial en fin d’année, et une réputation naissante. La saison 2010 est encore une réussite pour le rasta, qui remporte les challengers de Johannesburg et Aachen, atteint les 1/4 à l’ATP de Johannesburg, et passe un tour au Queens, où les médias anglais s’intéressent fortement à lui pour une possible place en Coupe Davis sous les couleurs du royaume. Brown décidera finalement de prendre la nationalité allemande en septembre 2010.

Il remporte son premier match en Grand Chelem à l’US Open, où il bat Ruben Ramirez-Hidalgo au premier tour, avant d’affronter Andy Murray devant les médias du monde entier, qui commencent à raconter son histoire. Fin 2010, Dustin est 92ème mondial, après avoir gagné 400 places en 2 saisons.

Les saisons 2011 et 2012 sont plus compliquées pour l’homme aux boucles d’oreille et aux lacets jaune & orange fluo. Malgré sa participation à l’Open d’Australie et à Roland Garros en 2011, et à sa qualification pour Wimbledon 2012 où il livre un match honorable contre David Ferrer, Dustin retombe au-delà de la 150ème place mondiale. Mais régale les chanceux qui assistent à ses matchs de quelques coups de génie, que ce soit en simple ou en double.

 

La classe jamaïquaine

L’année 2013 est également difficile pour l’ami Dustin, hormis une qualification à Doha en janvier, et une finale au challenger de Sarajevo. Il arrive aux qualifications de Wimbledon sans grande confiance, battu par Amritraj (310ème ATP) et Cox (520ème ATP) dans les qualifications du challenger de Nottingham les 2 semaines précédentes…

Mais le gazon est une surface « where amazing happens ». Dans son jardin, Dustin se qualifie sans perdre un set, en battant notamment la future terreur Jiri Vesely.

« It’s just a great feeling to be through now. I’ve never qualified at any other slam. I’m the lowest ranking [187] I’ve had in a long time. Three years ago I was 101, last year around 160. At least I defended the 35 points. From here on, I can hopefully have a nice draw and see what happens then. My phone is blowing up right now. »

Et la belle histoire ne fait que commencer. Il éparpille Guillermo Garcia-Lopez façon puzzle (3 fois 6/3) au premier tour du grand tableau, avant de réaliser le match de sa vie contre Lleyton Hewitt : 6/4 6/4 6/7 6/2.

 

 

Côté jeu, Brown se base avant tout sur son service (il mesure 1m96), pratiquant très souvent le service-volée. Il a déjà d’ailleurs remporté deux titres ATP en double. Dans les échanges, ne pouvant pas rivaliser avec les meilleurs du fond du court, il cherche très (trop) souvent le coup gagnant en 2/3 coups de raquette, et utilise souvent l’amorti, ce qui en fait au final un joueur spectaculaire, capable de battre un Querrey sur gazon ou un Wawrinka sur terre, mais aussi de perdre contre le fils du concierge de la voisine d’en face. Son dernier bijou :

 

Relax, attachant et rafraichissant, l’histoire de Dustin Brown a déjà plusieurs chapitres. Souhaitons-lui d’en ajouter quelques uns de plus…

 

(Mise à jour du portrait original écrit par l’auteur de ces lignes il y a 2 ans ici : http://zonechallenger.unblog.fr/2010/12/19/bilan-2010-rasta-raquette/)

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