Interview – Maxime Teixeira

Jouer contre Roger Federer au 2ème tour de Roland, vous savez ce que c’est vous ? Ben nous non plus. Par contre, Maxime Teixeira le sait lui. Interview.

Maxime Teixeira

Maxime Teixeira à Roland Garros

Un grand merci à Maxime et son agent Fabien Paget pour avoir répondu à nos questions. Vous pouvez suivre l’actualité de Maxime au quotidien sur sa page Facebook, ainsi que sur son compte Twitter !

Double Faute : Maxime, le grand public t’a découvert à Roland Garros 2011 lors de ta rencontre contre Federer au 2ème tour de Roland sur le Lenglen…est-ce que ce match a changé quelque chose dans ta carrière ?

 

Maxime Teixeira : Non pas vraiment, peut-être que plus de gens me connaissent grâce a ce match, mais sinon rien n’a changé à part le souvenir qui lui ne changera jamais.

 

Ta saison 2012 : en termes de classements, tu as perdu 70 places [Il est aujourd’hui 269ème mondial] mais tu es sorti deux fois des qualifs sur des tournois ATP (Montpellier & Stockholm) où tu as à chaque fois pris un set à des top 100 (Nieminen & Soeda)…et avec des victoires intéressantes dans l’année contre Bolelli, Bachinger ou Brands…content de toi ?

 

M.T. : Oui et non. Oui, en termes de niveau de jeu, je pense avoir beaucoup progressé depuis deux ans d’où ces victoires contre ce genre de joueurs. Par ailleurs, j’ai perdu plusieurs matchs très serrés la saison passée contre de bons joueurs (Gulbis, Jaziri, Soeda…). Dommage, car ces victoires peuvent changer considérablement le cours d’une saison. A quelques victoires près, je pourrais être dans le top 150 aujourd’hui, donc difficile de voir le classement baisser mais je regarde au-delà et je suis certain que cette année 2012 me servira pour la suite. Je suis donc plutôt confiant pour l’année 2013.

 

Au cours de cette saison 2012, tu as mieux joué indoor avec les qualifs pour les 2 tournois ATP donc, et une finale au Challenger de Cherbourg, alors que jusque là tu avais mieux marché sur terre battue (ta surface « naturelle », rappelons aux lecteurs que tu as passé du temps en Argentine pour tes études et ton développement tennistique quand tu avais 17 ans)…comment tu expliques ça ?

 

M.T. : Depuis deux ans, je me suis beaucoup entrainé sur dur avec l’objectif de faire évoluer mon jeu vers l’avant. Je sais désormais que je peux jouer partout. Le fait de jouer sur cette surface m’a permis d’exploiter des nouvelles facettes de mon jeu comme le jeu au filet et indirectement cela m’aide aujourd’hui sur terre battue. Le circuit principal se joue sur toutes les surfaces, il faut donc être prêt.

 

Parle-nous de ton début de saison 2013 : j’ai l’impression qu’il y a un petit manque de confiance de ton côté, avec des matchs serrés perdus contre des bons joueurs (Berrer à Heilbronn, Mahut à Cherbourg, Vinciguerra à Bergame)…quels sont tes objectifs pour cette année ?

 

M.T. : Dans toute carrière, il y a des caps et des étapes à franchir. J’avance, à mon rythme, mais j’avance et je poursuis dans la continuité. L’année passée, j’ai perdu un certain nombre de matchs sur des détails et j’ai beaucoup appris de ces défaites. C’est important pour avancer et ne pas réitérer les mêmes erreurs. Ces détails font toute la différence au plus haut niveau et je sais que je gère mieux ces moments aujourd’hui. Les objectifs cette année vont être d’essayer d’exploiter de meilleure façon le niveau de jeu acquis, continuer à travailler, garder le cap et les résultats suivront. Tôt ou tard mais cela va tourner.

 

Parlons un peu de la vie sur le circuit secondaire, loin des paillettes et des facilités du grand circuit.  Cette année est difficile car beaucoup de tournois challengers et futures disparaissent, fautes de sponsors et de financements.
Quelle est ton opinion à ce sujet et as-tu des idées pour améliorer la situation ?

 

M.T. : Malheureusement je n’ai pas de recette miracle. C’est sûr que le contexte économique actuel durcit considérablement le financement des évènements sports. Par conséquent, certains tournois disparaissent et d’autres deviennent de plus en plus fort à cause du manque de choix. Il faut faire avec et faire sa place pour franchir assez rapidement les paliers.

Les tournois sont victimes de cette situation et souvent à contre cœur, ils doivent prendre des décisions de poursuivre ou non. Je ne vais pas donc leur jeter la pierre. Je tiens quand même à remercier tous les bénévoles qui participent à toute l’organisation car sans eux, ces tournois ne pourraient pas perdurer.

 

« Je ne pense pas que nous soyons à plaindre, il y a bien pire que nous »

 

Au niveau financier, est-ce que c’est facile de joindre les 2 bouts quand on est 150-200ème mondial ? En 2011, tu avais un coach « intermittent » (Vincent Liégard), c’est toujours le même ? As-tu des sponsors et/ou une aide de la fédération ?

 

M.T. : Pour être honnête, j’ai eu une année 2011 assez tranquille avec le deuxième tour a Roland Garros qui m’a permis de financer mes déplacements et mon équipe sur l’ensemble de l’année. L’année suivante a été plus difficile car si l’on ne joue pas bien nous n’avons aucun revenu sur les tournois. Qui plus est, il est difficile aujourd’hui d’attirer les sponsors si notre classement ne progresse pas. Mais je ne pense pas que nous soyons à plaindre, il y a bien pire que nous.

 

En fin d’année 2012, J’ai pris la décision d’intégrer le giron fédéral (la Fédération Française de Tennis) à Roland Garros. Je n’ai pas d’aide financière directe de la Fédération mais ils contribuent indirectement au financement de mon coach ce qui est conséquent sur une année entière. Je les remercie de me soutenir et de m’accompagner dans ma carrière, ils croient en moi et c’est important. A ce jour, je suis entrainé par Boris Vallejo en qui j’ai une grande confiance. Je suis satisfait de cette décision prise l’année passée.

 

La règle du no-let au service : tu l’as expérimentée en ce début d’année comme tous les joueurs en challengers. Tu en penses quoi ?

 

M.T. : Pour moi c’est une bonne idée, pourquoi serions-nous le seul sport à ne pas bénéficier d’un fait de jeu ? Nous ne remettons pas la balle quand celle-ci touche le filet durant un échange. Personnellement, je suis pour cette règle, déjà que nous sommes le seul sport à avoir deux balles de service ! Je sais que les avis divergent et je respecte la position de chacun. Pour autant, un peu de nouveauté fait souvent du bien au jeu…

 

« Je n’ai jamais été contrôlé sur les tournois Challenger »

 

Dernièrement, des efforts ont été faits pour lutter contre le dopage dans le tennis avec par exemple l’instauration future d’un passeport biologique…toi-même, tu as déjà été contrôlé ? Penses-tu que le dopage soit présent dans le monde du tennis ?

 

M.T. : Pour ma part, j’ai déjà été contrôlé plusieurs fois, à Roland et à Stockholm mais jamais sur les tournois Challenger. Je trouve ça bien. Si l’on n’a rien à se reprocher il n’y a aucune raison de le craindre.
Je n’ai pas de doutes sur des joueurs en particulier et je préfère croire qu’il n’y en a aucun. Même si je pense que peu de disciplines passent au travers de ce fléau.

 

On va terminer par quelques questions plus classiques : ton ou tes tournois préférés ? Tes potes sur le circuit ? Ton joueur fétiche ? Y a t’il des adversaires qui t’ont impressionné ?

 

M.T. : En premier plan Roland bien sûr, on a toujours envie de bien jouer ici, c’est quand même chez nous ! Après les challengers en France comme Quimper par exemple sont super ! L’organisation est top. J’ai adoré Stockholm, la ville est super avec un central très particulier en plein centre d’un grand hall. A refaire !

 

Je m’entends bien avec la majorité des joueurs sur le circuit. J’ai davantage d’affinités avec certains joueurs comme Adrian Mannarino avec qui je partage souvent la chambre en tournoi. Autrement, mes amis sont plutôt hors circuit et c’est important, je pense, d’avoir un bon équilibre entre la vie sur le circuit et la vie en dehors.

 

Bien sur Federer c’était impressionnant, un alliage de beaucoup de choses : vitesse, relâchement et efficacité. Mon joueur préféré reste Safin. Une frappe très puissante avec un tempérament volcanique !

 

Et pour finir, une anecdote à raconter sur la vie du circuit bis ? Tu avais parlé d’un cordeur en Roumanie avec une machine assez artisanale…t’as eu mieux depuis ?

 

M.T. : Oh oui ! A Stockholm contrôle anti-dopage après le match contre Soeda perdu en 2h30, et bien je suis resté encore plus longtemps avant de pouvoir remplir leur flacon ! Après 4 ouvertures de sachets stériles, 3 ou 4 sorties de la salle pour marcher, 2 bouteilles d’eau de 50cl et 3h15 min j’ai enfin réussi à leur donner ce qu’ils voulaient. Je pense que je n’étais pas loin du Guinness des records !
Share Button

2 réponses à Interview – Maxime Teixeira

  1. Pingback: Roland Garros 2013 : les qualifications - Double faute

  2. Pingback: 24 heures à la Porte d'Auteuil - la fin - Double faute

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *