Le guide pratique de l’Open d’Australie

Matchs décalés, spécificités locales, surprises au milieu de la nuit : Double Faute vous explique comment survivre au premier Grand Chelem de la saison.

Comment regarder ?

Cette année encore, c’est Eurosport qui détient les droits de diffusion du tournoi. La couverture est exhaustive avec les matchs à la télévision et sur les tablettes pour les courts principaux, dès 1h du matin et jusqu’à la fin de la night session (ce qui implique de devoir faire l’impasse sur Motus pendant deux semaines).

Mais bon, on n’est pas à l’abri de voir débarquer Marion Bartoli dans le studio pour parler de son dernier achat chez Louboutin et de sa dernière rencontre avec le fils du concierge de l’immeuble du PDG de Goldman Sachs, donc on préférera un bon vieux streaming russe avec des commentateurs bourrés et des spams pour rencontrer Tatiana, Olga, Yulia, Boris.

Grâce à Double Faute, adoptez la stratégie qui vous sied le mieux :
Vous êtes insomniaque : choisissez le début de journée, Gilles Simon saura vous coucher. Attention, risque important d’être réveillé par le cri d’un match du tableau féminin.
Vous bossez le lendemain : deux écoles.
D’un côté, les partisans du café à 22h pour tenir jusqu’au début des premiers matchs. Mais avec un risque important de chute à 4h du matin, et une transformation en zombie le matin au réveil. Gênant, sauf si vous êtes croque-mort ou médecin légiste. Nota Bene : si en plus vous êtes marié, ménagez Madame, deux semaines, c’est long. Surtout si vous êtes endormi la bave aux lèvres quand elle se réveille pour amener les enfants à l’école.
De l’autre côté, les partisans du coucher tôt après deux épisodes de Plus Belle La Vie. Qui se réveilleront aux aurores frais et dispos pour profiter pleinement des matchs de night session. Mais tellement frais et dispos qu’ils ne verront pas le temps passer et qu’ils devront sortir une excuse au chef pour être arrivés à 11h30 au bureau. N’oubliez donc pas de visiter ce site avant de partir.

Rappelez-vous en lorsque vous baillerez.

Rappelez-vous en lorsque vous baillerez.

Vous êtes un jeune branleur : vous allez vous vautrer dans le canapé de la Kfet pour regarder la night session tranquillement pendant que les autres sont en cours. Inconvénient : en cette période de partiels, est-ce bien raisonnable ?
Vous êtes Ernests Gulbis : La night session débute quand vous rentrez de soirée. Vous vous dites que vous jouez aussi bien que les mecs à la télé. Allez monsieur, il faut se coucher maintenant.

Effet secondaire classique constaté à la fin du premier tour

Pourquoi regarder ?

Parce que l’Open d’Australie présente certaines caractéristiques qui lui sont propres.

D’abord, parce que y aller se mérite. Disons les choses clairement : pour 90% du circuit, se rendre en Australie est un bordel sans nom, que tu sois espagnol, nord-américain, argentin ou de la Creuse (ouais bon si t’es de Guéret, c’est le bordel pour aller n’importe où). Et vas-y que je te fais un premier vol de 10 heures, une escale de 5 heures, un deuxième vol de 10 heures. Le joueur lambda a plutôt intérêt à ce que la compagnie aérienne n’ait pas égaré son sac de raquettes quand il atterrit à Melbourne.

Ensuite, c’est le Grand Chelem le plus chaud (et on parle pas des tenues d’Ivanovic, bande de vicieux). Déjà, c’est le seul Majeur où le règlement permet d’interrompre les matchs si la température est trop élevée. Certes, vous me direz que c’est pas à Wimbledon qu’on a une chance d’atteindre les 35°C, mais quand même. On assiste souvent à des craquages physiques, y compris parmi les meilleurs mondiaux (mais bon ça, c’était avant).

En 2007, le tournoi est frappé par une vague de chaleur sans précédent (Julien Benneteau doit encore s’en souvenir), incitant l’année d’après les organisateurs à assouplir un peu leur « Plan d’Extrême Chaleur » : désormais, les joueurs devront uniquement terminer le set en cours – et non plus tout le match – si l’alerte rouge est déclenchée. Mais les conditions de jeu restent les plus difficiles de l’année de Grand Chelem : l’an passé, c’est le slovène Kavcic qui a fini son match sous perfusion et morphine après 4h de jeu contre l’australien Duckworth.

Et pour cette année ? Bon courage messieurs-dames, les prévisions annoncent des pics de température à 41°C les premiers jours. Enfin bon pour nous, c’est toujours cool d’avoir du soleil à la télé pendant que tu es en train de te les geler en doudoune dans ton appart’ mal isolé.

L’Open d’Australie, c’est aussi Histoires Naturelles à l’heure d’Histoires Naturelles :

Des animaux ennuient des joueurs

Et maintenant battez-vous.

Et maintenant battez-vous.

Des joueurs attaquent des animaux

– Les joueurs font les caméléons

Bernard Tomic, prêt pour la prochaine campagne Gillette

Bernard Tomic, prêt pour la prochaine campagne Gillette

Enfin, comment ne pas apprécier l’ambiance des tribunes australiennes ? Chaque année, c’est un véritable festival de bruits et de couleurs. Et parfois aussi de bagarres, qui sont apparues dans l’enceinte du tournoi il y a quelques années. Cette année, les fauteurs de trouble sont prévenus. On est loin des chapeaux de paille de Roland et de l’ambiance BCBG de Wimbledon.

Avatar 2014

Avatar 2014

Qui supporter ?

Thomas Johansson (vainqueur en 2002), Marcos Baghdatis (finaliste en 2006), Arnaud Clément (finaliste en 2001), Rainer Schüttler (finaliste en 2003)… autant d’opportunistes qui ont su profiter du manque de préparation des cadors pour se faufiler jusqu’à la finale. Du fait de ses conditions de jeu et de sa place dans le calendrier, l’Open d’Australie est généralement un Grand Chelem propice aux surprises. Donc non, faire un Bwin express au milieu de la nuit n’est pas forcément une bonne idée.

Ces dernières années, Big 4 oblige, les outsiders n’ont pas trop réussi à se faufiler aussi loin, mais chaque édition a quand même eu son lot de surprises : Gonzalez & Tsonga finalistes en 2007 & 2008, Verdasco qui bat Murray et arrive en 1/2 en 2009 (où il perd contre Nadal dans un match légendaire), Cilic 1/2-finaliste en 2010, Dolgopolov 1/4-finaliste en 2011 après avoir brillamment sorti le regretté Söderling, Nishikori 1/4-finaliste en 2012, et en 2013 Chardy 1/4-finaliste après avoir tapé Del Potro au 3ème tour.

Cette année, nous mettons une piécette sur Milos Raonic, qui s’était révélé au grand public ici même en 2011. Le canadien n’a jamais dépassé les 1/8èmes de finale en Grand Chelem : à lui de nous rendre riches sur Betclic, ou pas.

Vous voilà parés au mieux pour les 15 prochains jours. On dit merci qui ?

[Lire aussi cet article de 2012 : L’Open d’Australie, un tournoi autrement plus cool que Roland Garros ]

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2 réponses à Le guide pratique de l’Open d’Australie

  1. Hahaha ca vaut 100 articles insipides de lequipe 🙂
    Minimum !
    On aime et on en redemande !

  2. Pingback: Open d'Australie 2014 : Passing Shots #2 - Double Faute

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