Les carnets de Nono : épisode 1

Salut les amis, c’est Nono Clément, votre capitaine de Coupe Davis. Lionel Kamoulox m’a demandé de tenir un journal de bord sur nos aventures cette année, et comme Yoyo est un copain, j’ai accepté. Bonne lecture !

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2 janvier

Je suis pas encore remis de ma cuite du réveillon que je dois déjà faire ma première conférence de presse. J’ai encore des flashbacks de la soirée, avec Nolwenn qui chante « La jument de Michao » à 4h du mat’ debout sur la table basse du salon avec mon bandana rose dans les cheveux. Heureusement, tous nos invités étaient partis. D’ailleurs quand j’y repense c’est marrant, ils avaient tous une compétition de natation le lendemain matin. Ils doivent être dans le même club.

Dans le métro, j’apprends qu’on a gagné la Hopman Cup. C’est un signe : je me dis que si Jo arrive à faire gagner des matchs à Alizé, il arrivera forcément à faire pareil avec Gilles. Je reçois un texto de Guy : « Normalement, avec les joueurs dont tu disposes, c’est minimum un titre dans les 3 ans ! ». Du coup, j’annonce que l’objectif est de ramener le Saladier à la maison. Mais le vrai hein, celui en argent, pas celui de chez Ikéa ! Tiens ça me fait penser qu’il faut que je termine le punch qui reste dans celui de Guy.

Bon, jusqu'ici, le job est plus facile que prévu.

« Bon, jusqu’ici, le job est plus facile que prévu. »

10 janvier

Je m’envole pour l’Australie, un pays où j’ai toujours aimé jouer. En 2001, je fais finale, c’est là-bas que je me suis fait un nom. Enfin, un prénom. A l’époque, j’avais pas assez de sous pour changer de t-shirt pendant le match. Du coup, plus le match avançait et plus je sentais bizarre… Je crois que c’est ça qui a perturbé Yevgeni et Seb’ et qui m’a permis de les battre.

Après la finale contre le chauve, ça a changé. Plein de marques sont venus se proposer pour me sponsoriser. J’ai choisi Lacoste parce que j’ai toujours été fan de Paul Hogan, même si le 3ème film était clairement de trop, un peu comme ce 5ème set contre Fabrice y a quelques années à Roland.

13 janvier

C’est le début du tournoi. Je me suis muni d’un petit carnet et d’un stylo pour prendre des notes quand j’observerai les matchs des français. Et y en a pas mal que je dois voir ! Je commence par Nico Mahut. Il perd en 5 sets contre Ebden, un Australien. Je note : « Nico : décevant. Incapable de jouer au moins une cinquantaine de jeux sous le cagnard. »

J’aperçois Gillou, en béquilles. Il a l’air d’aller mieux, la dernière fois que je l’avais vu, son coach le trimbalait dans un fauteuil roulant. J’ouvre mon carnet : « Gilles : pète la forme. »

Avant de rentrer, je croise un mec de 30 ans sorti des qualifs et dont tout le monde parle. Il me dit qu’il s’appelle Stéphane Robert. J’écris : « Attention : se méfier d’un mec nouvellement arrivé sur le circuit. A essayé de me faire croire qu’il avait deux prénoms pour m’amadouer. M’a-ma-douer, m’a-ma-douer…penser à acheter l’album de Stromae une fois revenu en France. »

17 janvier

Edouard, Jérémy, Richard, Gilles et Benoît sont éliminés au 3ème tour. Benoît me dit qu’il a plus de genou. Je lui dis : « Tu bluffes Richard ! ». Mais c’est bien Benoît. Richard arrive alors et me dit qu’il va bien, et qu’il a perdu contre un mec « très très fort » qui a « très bien joué ». Je lui demande comment il se sent. « Déçu mais c’est normal, il est quand même 16ème mondial, moi je suis que top 10. », me dit-il en partant avec un bouquin Assimil sous le bras.

Edouard a l’air très déçu. Je lui demande : « Mais qu’est-ce que t’as Doudou dis donc ? ». Il me raconte son match perdu contre Anderson, et ses balles de match ratées. Je lui dis : « Ah ouais, des balles de match ? C’est le tirelipompon. Viens ici que je te fasse un gros bisou. »

20 janvier

Jo aussi a perdu, contre Federer. Je vais le voir après son match, il a l’air énervé. Je lui demande si c’est les hormones. Il me dit que non, qu’il faut juste qu’il reparte au turbin. Je lui dis qu’effectivement, ses cheveux font un peu n’importe quoi, et qu’il a raison de pas opter pour le bandana.

Je tombe sur le fameux Stéphane Robert, qui est aussi éliminé. Je lui parle de sa raquette et lui explique que contre Murray, il aurait dû jouer en Head. Comme il paraît qu’il voyage beaucoup dans des auberges de jeunesse, je lui demande s’il connaît Mouilleron-Le-Captif : pour l’hébergement, on hésite encore entre le Campanile et le Formule 1.

21 janvier

J’annonce ma sélection pour le 1er tour contre l’Australie : pas de Llodra. Il me téléphone. Je lui explique mon choix : « Hé Mika, relax, take it easy ! La porte n’est pas fermée pour la suite de la compétition. Mais il faut vraiment que tu t’améliores à la coinche. »

Je réponds ensuite aux questions de la presse. Forcément, on me parle du point du double. Je leur parle des duos français qui ont bien marché sans Michael : Jo et Julien, Richard et Julien, Kad et Olivier, David et Jonathan… Je fais comprendre aux journalistes que je n’ai pas pris de risque. Les tapis sur la rivière avec Paul-Henri ou Gilles, c’est du passé.

Pour finir, on m’interroge sur la cheville de Gilles et sur les performances de Gaël. J’explique que les chevilles de Gilles sont enflées, mais que c’est normal. Pour Gaël, tout va bien : il a réussi à battre beaucoup de joueurs depuis le début de saison. Et tout ça en jouant avec Liverpool en 4-5-1 !

Je suis un fervent partisan de la mise au vert.

Je suis un fervent partisan de la mise au vert.

22 janvier

Je lis les journaux, où Mika explique qu’il a reçu « un coup de bambou ». En même temps, s’il fréquente des boites aux mœurs un peu bizarres, c’est pas mon problème. Mais bon, c’est toujours un pote, on a quand même gagné un Grand Chelem ensemble. Même si ça nous a coûté une nuit au poste parce que les flics australiens nous ont pris pour deux exhibitionnistes à la sortie du stade, ça reste un super souvenir.

25 janvier

Retour en France. En face, Tomic est forfait. Il doit être soulagé, vu que le seul endroit ouvert de Mouilleron-Le-Captif après 18h, c’est le Balto de la place de l’Eglise. Du coup, Rafter a appelé Kyrgios & Kokkinakis, surnommés les « Special K’s ». Et le tigre est en eux. Deux jeunes qui n’ont peur de rien ni de personne, un peu comme moi quand j’allais dézinguer de la tête de série à tour de bras sur le circuit US pendant l’été.

Le vieux Hewitt est toujours là aussi. C’est un peu le Jean-Paul Loth du circuit, sauf qu’il est loin d’être sénile. Franchement cette rencontre, ça va pas être du gâteau. J’espère qu’elle va pas se transformer en Vendéspace Cake.

28 janvier

Ça y est, on est à Mouilleron-Le-Captif. Avec la terre battue posée par les techniciens de Roland, on se croirait vraiment Porte d’Auteuil ! Il manque plus que les paninis à 10€ et la ola de Jeannot Gachassin.

J’apprends que nos adversaires sont bien arrivés. J’appelle Mika pour lui proposer un rôle de 6ème homme qui irait chanter en pleine nuit « La digue du cul » avec un mégaphone sous les fenêtres de l’hôtel des australiens. Mais je tombe sur son répondeur, dommage. Tiens c’est bizarre, je me souvenais pas qu’il aimait la musique classique. Un peu triste quand même, il a perdu quelqu’un dans sa famille ?

Tous ces jeux de mots m'ont épuisé.

Alors, qui pour faire l’intérim aux côtés de Jo?

29 janvier

Les entrainements se passent bien. Je ne reconnais pas le coup droit de Richard, il ressemble de plus en plus à celui de Seb’ ! Par contre, il faut que je lui dise d’arrêter de se toucher l’oreille. Jo se plaint de la luminosité de la salle, mais c’est juste parce qu’il a pris mes lunettes. Gilles va bien, il me dit que son service « envoie la sauce » et qu’il est « chaud patates ». Je lui dis qu’un bœuf bourguignon et une tartiflette, c’est peut-être pas l’idéal avant un weekend de coupe Davis. Julien galère avec son service et crie tout haut : « C’est de pire en pire, je vais péter les plombs ! ». Pas bête, un McMorning pour Gillou, c’est déjà mieux.

En fin de journée, quelques enfants sont invités à taper quelques balles avec les gars. C’est toujours mignon de voir les gamins en admiration devant leurs idoles. Et celui-là, avec le maillot du PSG, il est incroyable pour son âge ! Jeu de gaucher, service-volée…hé, mais qu’est-ce qui lui prend de traiter les autres gamins de petits merdeux ?! Pour calmer le jeu, j’appelle Takao, notre vigile d’origine japonaise, mais le gamin prend peur et s’enfuit en disant qu’il adore les chinois. Bizarre, le Qatar essaye d’acheter un club en Asie ?

Dernière conférence de presse avant l’annonce de la composition d’équipe demain. Je répète qu’on veut le Saladier. Qu’on se méfie de cette équipe australienne, mais qu’on reste favoris, que ce soit sur le papier, sur le terrain, ou sur le dancefloor (bon, faut reconnaître qu’ils ont perdu leur meilleur élément).

Vendredi, ça sera le vrai début de cette campagne 2014 de Coupe Davis. J’espère qu’on trouvera la clé pour enfin ramener la coupe à la maison. En 2001, j’avais eu que le modèle enfant.

Votre capitaine, Nono Clément

Toute ressemblance avec des personnes existantes serait quand même pas de bol, et puis bon de toute façon vous pouvez rien prouver, on a peur des piqûres. Allez les Bleus !

Big up @Val__Tho pour son travail et sa patience !

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4 réponses à Les carnets de Nono : épisode 1

  1. Big up !
    Vous continuez comme ça pendant tout le weekend ? 🙂

  2. Le « gamin » avec le maillot du PSG, excellent !

  3. Hahaha génial ! Ah vous m’avez tué avec le gamin avec le maillot du PSG qui adore les chinois :D.

  4. Pingback: Les Carnets de Nono : épisode 2 - Double Faute

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