Les Carnets de Nono : épisode 2

Salut les amis, c’est Nono Clément, votre capitaine de Coupe Davis. Lionel Kamoulox m’a demandé de tenir un journal de bord sur nos aventures cette année, et comme Yoyo est un copain, j’ai accepté. Bonne lecture !

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Relire l’Episode 1

Jeudi 30 janvier

Ca y est, j’ai annoncé la composition de l’équipe. Après les entrainements, Richard et Jo me paraissent incontestables. Faut dire aussi que Gaël s’est fait une entaille à la main en ouvrant une boîte de balles neuves.

Pour la déconne, je mets Julien et Gaël sur la feuille de match pour le double. Mais c’est aussi probable de les voir alignés ensemble que d’assister de son vivant à un match d’Alizé Cornet sans Kleenex.

Pendant la conférence de presse, Gilles, qui s’est retrouvé assis parmi les journalistes, me pose une question sur la crédibilité de Gaël en double. Il est malin Gillou, il a flairé l’embrouille. Je me marre et je réponds que j’aime bien les surprises. D’ailleurs ce soir Gilles, tu couperas les oranges !

Un journaliste australien me demande pourquoi on a choisi cette ville, Mouilleron-Le-Captif. J’explique qu’on est solidaires de nos otages à travers le monde, et qu’on n’oublie pas Aravane Rezaï.

On me pose une questions sur la non-sélection de Gilles. Je réponds qu’on loue la salle à l’heure, et que la FFT n’a pas le budget pour Gillou. Faut dire qu’à force de payer des avocats pour construire le nouveau Roland Garros, il reste plus grand chose.

Rentrés à l’hôtel, une lettre m’attend à la réception. Je l’ouvre. Elle n’est pas signée et écrite avec des lettres découpées dans du journal : « Et c’est avec ce double que tu comptes gagner le Saladier ?! LOL ».

Je me renseigne sur nos adversaires. Je regarde « Australia » en buvant une Foster’s, puis je m’écoute l’intégrale de Midnight Oil. Au repas du soir, c’est steak de kangourou. Y a pas à dire, par rapport aux entraînements sous l’autoroute en Argentine, on a beaucoup progressé dans l’approche des matchs.

Richard jouera en ouverture contre Kyrgios. Je le préviens : « Attention Richie, ce Nick n’est pas un cave. Même s’il n’est pas de Tasmanie, c’est un véritable diable. » Il me dit : « Ok Arnaud, bien reçu. Je ne suis pas favori. » Je lui explique que ce n’est pas ce que j’ai voulu dire : « Au contraire, tu dois assumer ton nouveau statut de n°1 français ! ». Il me répond : « Je crois que je comprends, tu veux que je sois le Boss. Je file m’acheter un nouveau parfum et l’intégrale de Springsteen ! » C’est pas trop mal, je crois qu’il est prêt.

Pour Tsonga c’est plus facile, il jouera Hewitt, le seul mec au monde qui accroche plus que le papier tue-mouches. Je suis sûr qu’à 80 piges il gueulera encore « Come On » à chaque point marqué au Scrabble.

Je m'entraine pour un concours de sourire crispé

Je m’entraine pour un concours de sourire crispé (Photo : Ouest-France)

Vendredi 31 janvier

Les mecs prennent leurs responsabilités et leur implication me surprend de plus en plus. Ce matin au petit déj, pour éviter l’accident, Jo a aidé Julien à beurrer ses tartines. Gilles a posé un gyrophare sur la bouche incendie devant l’hôtel. Il y a aussi un bel esprit de solidarité dans l’équipe. Richard est allé racheter des Miel Pops parce que Gaël avait déjà le jouet du paquet.

C’est enfin l’heure du premier match. Richard et Kyrgios entrent sur le court. Pendant un set, le grec envoie la sauce. Mais il est un peu trop en mode samouraï, et ça se termine en hara-kiri pour lui.

Après le match, Richard se met à l’auto-parodie, en expliquant que son adversaire « va être Top Ten », et qu’il « va devenir un très grand joueur », « capable de gagner de très grands tournois ». Gilles souffle au journaliste à côté de lui : « un peu comme moi quoi ».

Puis Jo s’occupe de Lleyon Hewitt et bien, en 3 sets aussi expéditifs que ma dernière commande de bandanas chez Les 3 Suisses. Jo me dit qu’il a « marché sur l’eau » pendant 2 sets. C’est vrai qu’au service et en coup droit, il a multiplié les pains. Je lui conseille d’attendre qu’on ait gagné le match avant de changer l’eau en vin.

J’explique aux journalistes que je n’ai pas encore choisi mon double du lendemain. Toutes les équipes sont envisageables. On verra bien qui gagne le tournoi de belote ce soir.

Rentrés à l’hôtel, une lettre m’attend à la réception. Je l’ouvre. Elle n’est pas signée et écrite avec des lettres découpées dans du journal : « T’as vraiment envie de rester à Mouilleron-le-Captif samedi soir ?! LOL ». Je comprends mieux pourquoi Ouest-France est le quotidien le plus vendu de France.

Je crois que Gaël et Julien se doutaient de quelque chose

Je crois que Gaël et Julien se doutent de quelque chose (Photo : Ouest-France)

Samedi 1er février

Le matin, j’ai une révélation. On va tout faire comme les tchèques. Du coup j’ai tranché pour le double de cet aprèm : ça sera Jo & Richard ! Je cherche un nom pour cette équipe mais rien ne marche : Jochard, Tsonquet…

Je sais que ça va un peu jaser mais de toute façon j’avais pas le choix, Julien a passé les entraînements de double à faire des annonces de football américain. Il est trop à fond dans le Superbowl de dimanche je crois. Comme il portait aussi un casque, Nolwenn m’a demandé s’il avait le numéro de Pharrell Williams pour son prochain album.

Je prends Jo & Richard à part, et je leur expose mon nouveau plan à la tchèque. « Jo, tu balances déjà des parpaings, il te reste plus qu’à trouver une copine top model anorexique qui te suivra partout. Toi Richard, faut que tu te mettes au service-volée. Et aussi que t’ailles draguer les joueuses françaises du circuit. Comment ? Y en a plus ? Mais si, en cherchant bien je suis sûr que mon ex joue sur le circuit CNGT. »

Le président Gachassin nous avait mis la pression pour que le match se termine vite, parce qu’il voulait absolument regarder le Crunch après. Julien avait déjà réservé le taxi à 17h30 pour rentrer à l’hôtel à temps. Autant dire qu’à 5/7 2/5, c’était plutôt GasGa oulala…bref, ça sentait la bad romance cette paire de double. Mais finalement, tout est rentré dans l’ordre.

Par contre faut qu'ils travaillent ensemblent sur le lavage des T-Shirts (Photo : AFP)

Par contre faut qu’ils travaillent ensemblent sur le lavage des T-Shirts (Photo : AFP)

En rentrant à l’hôtel, le président Gachassin me dit que le chauffeur du taxi était bizarre, qu’il n’arrêtait pas de dire qu’il fallait un gaucher pour jouer un double. Il avait les dents serrées, et un kangourou pendait sur le rétroviseur intérieur, sympa pour les Australiens qu’il prendrait dans le weekend. Par contre il doit pas avoir l’habitude d’avoir autant de monde, visiblement il fait du découpage de journal en attendant ses clients.

Le soir à l’hôtel, Richard passe derrière le bar et nous sert des bières. Je crois qu’il a vraiment compris son rôle de patron.

Dimanche 2 février

Après la soirée d’hier, je suis retourné comme une crêpe. Mais aujourd’hui, ça tombe bien. Gaël a décidé de ne pas dormir, et est directement parti défier Kyrgios en 1 contre 1 au basket. Faut dire qu’à force d’éclater tout le monde sur NBA 2k14, plus personne de l’équipe ne voulait jouer avec lui.

Le plus dur ça a ensuite été de trouver deux joueurs valides pour faire les simples du dimanche. Entre la nuit blanche de Gaël et Julien qui voulait dormir pour être en forme pour l’hymne américain, j’étais tenté de faire jouer Lionel Roux.

Finalement j’ai réussi à convaincre Julien. Je lui ai promis qu’il y aurait des cheerleaders pour qu’il se mette dans l’ambiance. Ça fait deux jours que Gilles s’entraîne au bord du terrain, autant que ça serve ! Il m’a demandé s’il y aurait un concert entre les sets, mais Doc Montalvan a de suite répondu que Nolwenn avait cassé sa voix. Bizarre, elle avait l’air d’aller bien ce matin…

Au final, on gagne même les 2 matchs du dimanche. 5-0, et Fanny paye à boire. Enfin, plutôt Richard, c’est toujours le patron qui invite non ?

Lundi 3 février

Je me réveille content : mon pari de compo d’équipe a été une réussite totale. Mais je crois que ce dont je suis le plus fier, c’est Gillou en 5ème homme. Entre ses Tequila Sunrise et ses histoires à la Dr House, il nous a régalé tout le week-end.

Notre prochain adversaire, ça sera l’Allemagne. Faut que me renseigne pour savoir si mon vieux copain Rainer Schuettler joue encore. Et Nicolas Kiefer, il devient quoi ?

Maintenant, cap sur Montpellier. Cool, une semaine de vacances au bord de la plage ! Il parait qu’il y a un tournoi de tennis aussi, j’irai sans doute y faire un tour.

Votre capitaine, Nono Clément

Toute ressemblance avec des personnes existantes serait quand même pas de bol, et puis bon de toute façon vous pouvez rien prouver, on a peur des piqûres. Allez les Bleus !

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3 Réponses à Les Carnets de Nono : épisode 2

  1. Haha, juste génial. Le nombre de références, ya intérêt de bien suivre le circuit pour tout comprendre quand même :D .

    Merci beaucoup !

  2. Article vraiment kiffant, un peu comme un coup droit croisé pleine vitesse de Ferru

  3. Pingback: Les Carnets de Nono : épisode 3 - Double Faute

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