Passing shots #3

De l’intérêt de ne pas aller aux Jeux Olympiques

C’est bien connu, quand le chat n’est pas là, les souris dansent. Et quand les meilleurs mondiaux participent aux JO, les « seconds couteaux » en profitent pour glaner des points faciles dans des tournois plus ouverts qu’à l’accoutumée.

C’est ainsi qu’à Los Angeles, tournoi où Benoit Paire était tête de série n°1 (!), Sam Querrey a remporté son premier titre depuis plus de deux ans, et son premier ATP 500 par la même occasion. L’américain – éloigné plusieurs mois des courts l’an dernier après une opération de l’épaule – revient petit à petit à son meilleur niveau et sera une non-tête de série dangereuse à l’US Open. En finale, il a battu le revenant Richard (ex-Ricardas) Berankis, miné lui aussi par les blessures ces derniers mois. Le lituanien, toujours aussi à l’aise sur les courts US (c’est un ancien élève de l’académie Bollettieri en Floride), réintègre ainsi le top 100.

A Washington, c’est le génial et fantasque ukrainien Alexandr Dolgopolov qui s’est imposé devant Tommy Haas, qui joue encore top 10 quand il n’est pas blessé, soit 2 mois par an à peu près. Le « Dog », en retrait depuis quelques semaines, n’était pas à Londres à cause d’un conflit financier avec sa fédération (Alex est plutôt du genre gourmand). Finalement, un mal pour un bien…

Chez les filles, on a aussi profité de l’absence des meilleures joueuses. Dans un tournoi de Baku encore plus désert que d’habitude (histoire d’être en harmonie avec les tribunes vides), c’est Bojana Jovanovski qui a remporté son premier titre WTA. La serbe de 20 ans, ancienne n°5 mondiale chez les juniors mais qui tarde à percer sur le grand circuit, a battu en finale une autre novice, l’américaine Julia Cohen.

La foule azérie en délire pour cette finale alléchante

Bryan is in the kitchen

Les médias français ont beaucoup parlé des médailles d’argent et de bronze de nos deux équipes engagées, mais ont occulté la formidable médaille d’or des frères Bryan, le dernier grand titre qu’il manquait à leur palmarès.

Les jumeaux américains, battus cette saison en finale de l’Open d’Australie et de Roland Garros et « seulement » 1/2-finalistes à Wimbledon en juillet, ont su élever leur niveau de jeu en 1/2-finale et en finale après un début de tournoi poussif. Après s’être contentés du bronze à Pékin, Bob&Mike complètent ainsi le « Golden Slam » : victoire dans les quatre Grand Chelem et or olympique, exploit qu’avaient aussi réalisé les australiens Mark Woodforde et Todd Woodbridge (aka les Woodies).

Vainqueurs de 11 titres du Grand Chelem et de la Coupe Davis, n°1 mondiaux pendant 297 semaines consécutives et 7 fois en fin de saison (record), les Bryan’s ont absolument tout gagné, mieux que Nadal, Federer et Djokovic. Ils ont indiqué après leur victoire qu’ils avaient maintenant Rio 2016 en ligne de mire. Autant dire que leur razzia n’est pas terminé et que quelques records devraient encore tomber.

Pour différencier les jumeaux, il faut savoir que Bob joue du tuba et Mike de la trompette. Ou l’inverse.

 

Cap sur la Chine

[Si tu as repéré la contrepèterie, tu gagnes un point au challenge Jean Roucas]

Pendant que les meilleurs joueurs ATP étaient aux US ou à Londres, les valeureux joueurs de challengers étaient en Chine pour une tournée inédite de 3 tournois, à An-Ning (prévu sur terre battue mais au final disputé principalement en indoor à cause des intempéries), Beijing et Wuhan (sur dur extérieur).

Nos amis slovènes Grega Zemlja (dont on parlait déjà ici) et Aljaz Bedene sont les grands gagnants de cette tournée puisqu’ils intègrent pour la première fois le top 100 et rejoignent ainsi leur compatriote Blaz Kavcic dans le gotha mondial. Zemlja a remporté An-Ning (contre…Bedene) et Beijing, tandis que Bedene a été titré à Wuhan.

Josselin Ouanna a également été inspiré par l’air chinois : 1/4-finaliste à An-Ning et finaliste à Wuhan, le français se rapproche du top 150. On se souvient qu’il avait atteint le 3ème tour de Roland en 2009 après avoir sorti Granollers et Safin (qui allait sur ses vieux jours, mais bon, quand même). A 26 ans, Joss semble débarrassé de ses blessures récurrentes et peut envisager la fin de saison avec optimisme : les qualifications de l’US Open et les tournois indoor conviennent parfaitement à son jeu puissant.

Toujours chez les français, première demie-finale en challenger pour Laurent Rochette (défaite contre Zemlja à An-Ning). A 24 ans, l’aquitain obtient son meilleur classement : 212ème.

A noter également la performance d’Adam Feeney, spécialiste australien du double, qui a atteint le dernier carré à Wuhan après être sorti des qualifs et avoir éliminé Yuichi Sugita, 160ème mondial.

Coup de chapeau aux jumeaux thaïs Ratiwatana, spécialistes du double. Sanchai et Sonchat sont moins connus que Bob&Mike puisqu’ils évoluent à l’étage inférieur, mais ils ont réalisé un joli triplé sur cette tournée chinoise, en raflant les trois titres. Petite pensée pour l’arbitre de la finale d’An-Ning, parti en dépression après avoir présenté les équipes: Sanchai Ratiwana / Sonchat Ratiwatana contre Ruan Roelofse / Kittiphong Wachiramanowong. A vos souhaits.

Enfin, Di Wu est devenu le second joueur chinois à atteindre la finale d’un challenger, après Zhang Ze à Fergana en 2010. A Beijing, Di a profité de l’abandon de Bedene en 1/4 et a battu Golubev en 1/2 avant de perdre sèchement contre Zemlja en finale. A l’heure où le tennis japonais est en plein boom (Nishikori, Soeda & co feront l’objet d’un prochain article), il est intéressant de constater l’influence des nippons sur le redressement de la Chine [deuxième et dernier point du challenge Jean Roucas].

Oh, Di Wu, j’l’avais pas Wu ! (désolé, la fatigue…)

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