Passing shots #5

Et si on parlait d’autre chose que de genou espagnol ou de dos suisse ? Voici quelques performances notables de ce début de saison passées sous silence.

Jeunes et bons

7 tournois disputés pour 6 titres et 1 finale, soit 36 victoires en 37 matchs : Pablo Carreno-Busta a un bilan djokovien en ce début de saison. L’espagnol, 21 ans, avait atteint la 133ème place mondiale en 2011 après avoir remporté 2 challengers sur terre, mais des problèmes de dos l’avaient stoppé net en pleine ascension, le contraignant à passer une saison 2012 loin des courts.

Obligé de repasser par la case ITF (il a même commencé son année en qualifications de Futures !), Carreno-Busta a manifestement retrouvé le Rhymes (cherchez bien). On gardera un œil sur lui, notamment sur terre battue, sa surface favorite.

Jiry Vesely continue lui sur sa lancée de fin de saison 2012. Vainqueur de l’Open d’Australie juniors en 2011, le gaucher tchèque (19 ans) est en pleine bourre depuis juillet dernier : 53 victoires sur ses 60 derniers matchs de Futures, et 3 titres en 4 tournois en 2013. Ses performances lui ont d’ailleurs valu d’être appelé en tant que cinquième homme en Coupe Davis, et il est maintenant temps pour lui de passer à l’échelon supérieur des Challengers. D’ailleurs, il a battu cette semaine Blaz Kavcic (88ème mondial) à Sarajevo.

Le bandeau du champion en puissance

D’autres jeunots se font aussi remarquer en ce début d’année : les américains Bjorn Fratangelo, 19 ans et vainqueur de Roland Garros juniors 2011 (1 titre et 2 finales en Futures), et Christian Harrison, 18 ans et bénéficiaire d’une invitation pour le Masters Series de Miami (considéré par les observateurs comme plus talentueux que son frère Ryan, il a glané en début d’année son premier titre en Futures, ce qui lui a permis de s’acheter sa première Ford) ; le japonais Yoshihito Nishioka, 17 ans et vainqueur lui aussi de son premier Futures en février (bon, on me dit dans l’oreillette qu’il vient de se prendre deux roues de vélo au 1er tour des qualifs du Masters Series de Miami, où il bénéficiait d’une invitation…).

 

Aussies soient-ils

Derrière Bernard Tomic, auteur de son meilleur début de saison, d’autres jeunes australiens ont signé des performances intéressantes sur le circuit challenger.

Matthew Barton, 21 ans et sans performances notables jusqu’alors, a atteint les 1/2 à Burnie et Kyoto, et remporté West Lakes. Doté d’une combinaison service/coup droit puissante, il est maintenant 221ème, son meilleur classement en carrière.

John Millmann a été titré deux fois, à Burnie et Kyoto. Blessé à l’épaule pendant de longs mois en 2011, il fait ainsi son entrée dans les 130 premiers mondiaux. Le top 100 est en vue pour celui qui avait pris un set à Murray à Brisbane.

Enfin, Nick Kyrgios (prononcez : Kyr-ios) et Thanasi Kokkinakis sont peut-être les deux futurs cracks des antipodes. Pas encore majeurs (lève la main si toi aussi tu as pris un coup de vieux en lisant ça) et tous deux d’origine grecque, ils se sont affrontés en finale du dernier Open d’Australie juniors. Kyrgios l’a emporté 7/6 6/3, ne lâchant aucun set au cours du tournoi.

Doté d’un jeu comparable à celui de Tsonga, Kyrgios a ensuite confirmé en atteignant les 1/2 à West Lakes, puis en remportant Sydney. Même s’il n’a pas battu de cadors, ces victoires sur des joueurs plus expérimentés et mieux classés que lui (contre Stéphane Robert notamment, revenu dans le top 200 suite à une bonne tournée australienne) sont des signaux forcément intéressants. Le voilà 328ème au classement ATP. Plutot pas mal alors qu’il visait simplement le top 300 en début d’année…

Kokkinakis (un nom qu’apprécieront forcément les amateurs de Scrabble et les fans des nouvelles de Dino Buzzati) a lui eu moins de chance. Il a révélé après la finale qu’il souffrait de fractures de stress au dos (ce qui l’avait déjà handicapé en 2011), et qu’il serait éloigné des courts pendant plus de 6 mois.

"Vous savez, je vais pas m'emballer, Julien Jeanpierre avait aussi remporté l'Open d'Australie juniors" (photo: tennisalternative)

« Vous savez, je vais pas m’emballer, Julien Jeanpierre avait aussi remporté l’Open d’Australie juniors » (photo: tennisalternative)

(Et pour en savoir plus sur les challengers australiens : rendez-vous sur cet excellent site)

 

Lucky winner

Jesse Huta Galung a poussé l’expression « lucky loser » à son maximum. Battu au dernier tour des qualifications à Cherbourg, il ne doit sa présence dans le tableau final qu’à trois (!) forfaits de dernière minute. 5 matchs plus tard, il ne laisse que 4 jeux en finale à Vincent Millot et remporte son premier challenger depuis septembre 2010, son sixième en carrière.

Joueur élégant (dans tous les sens du terme), à l’aise sur toutes les surfaces, il avait atteint la 110ème place mondiale en juin 2011. Il a récemment lâché une petite bombe (passée inaperçue) à propos du dopage dans le tennis en déclarant qu’il y avait « des rumeurs dans le vestiaire, notamment à propos de cadors comme Nadal ». Allez, tournée de popcorn pour tout le monde !

« Avec ça votre cœur de cible lectrice fleur bleue va pulluler » – le mec du marketing

Share Button

3 réponses à Passing shots #5

  1. Comme à chaque fois, très bon article avec ce ton décalé qui plait tant. J’ai beaucoup aimé le K de Buzatti. On suivra la performance de tous ces joueurs au cours des prochains mois, et aussi celles de Filip Peliwo et Kimmer Coppejans qui pourraient bien percer dès cette année…

  2. Pingback: Roland Garros 2013 : les qualifications - Double faute

  3. Pingback: Roland Garros 2013 - les histoires de la 1ère semaine - Double faute

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *