Passing Shots : Indian Wells

Quelques réflexions sur les résultats d’Indian Wells.

Revoilà Dolgo

Depuis sa saison 2011 qui l’avait révélé au grand public – 1/4 à l’Open d’Australie en battant Söderling, premier titre à Umag – Alexandr Dolgopolov était en retrait des projecteurs, malgré une année 2012 honorable, avec notamment un autre titre à Washington pendant l’été. 2013 l’avait même vu reculer à une 57ème place mondiale assez indigne de son talent et de sa folie.

En 3 semaines – finale à Rio, 1/2 à Acapulco, 1/2 à Indian Wells – le « Dog » s’est rappelé au bon souvenir de ses supporters et des suiveurs du circuit, peu habitués à le voir enchainer les bonnes performances : l’ukrainien souffre en effet du syndrome de Gilbert, une maladie héréditaire qui l’affaiblit lorsqu’il multiplie les voyages et les matchs.

Dans le désert californien, Dolgopolov a battu Nadal alors qu’il ne lui avait pris aucun set lors de leurs cinq premières confrontations, avant de confirmer contre Fognini et Raonic, balayés en 2 sets. Les raisons d’un tel retour en forme ? Un jeu plus mature, mais surtout une bonne préparation hivernale et une nouvelle collaboration avec son père, l’un des deux seuls coachs qu’il a connu dans sa carrière, avec le fantasque australien Jack Reader (rien à voir avec Tom Cruise). Sa place dans le dernier carré du tournoi le ramène à la 23ème place mondiale.

Dolgo (photo : lequipe.fr)

Snoop Dolgo (photo : lequipe.fr)

Le point pouliches

On en parle régulièrement sur Twitter et sur le blog, deux de nos « protégés » ont poursuivi leurs progrès au cours du tournoi.

Pour sa première participation à un Masters 1000, Dominic Thiem est sorti des qualifs avant de s’offrir le scalp de Gilles Simon au 2ème tour, sa meilleure perf’ en carrière. Le jeune autrichien – qu’on vous présentait pendant l’Open d’Australie – a notamment partagé sa joie sur sa page Facebook, où il analyse chacun de ses matchs d’une manière extrêmement enthousiaste, lucide et mature. Il a ainsi souligné son manque de calme et ses lacunes technico-tactiques pour expliquer sa défaite contre Julien Benneteau. Son coach parle lui d’un joueur « passionné », déjà « respecté » et « bien accueilli » par les routiers du circuit.

Pour Jiri Vesely, interviewé brièvement au dernier tour des qualifs l’an passé à Roland, le tournoi s’est soldé par deux victoires intéressantes contre Sijsling et Andujar, avant une défaite sur le fil face à Murray, malgré un set et un break d’avance. L’écossais a prédit un futur « brillant » au tchèque, qui devrait faire partie de l’équipe de Coupe Davis qui ira au Japon le mois prochain. Après une saison 2013 réussie mais sans victoire sur le circuit principal, Vesely engrange des victoires et de la confiance avant la saison sur terre, sa meilleure surface.

Ça glisse pour Vesely-ne (photo : Bleacher Report)

Ça glisse pour Vesely-ne (photo : Bleacher Report)

Le triple A de la WTA

Depuis le succès de Wawrinka à l’Open d’Australie, on a pu lire ici ou là qu’une ouverture dans le « Big 4 » était désormais envisageable. Sauf qu’entre les succès de Nadal à Rio, de Federer à Dubaï, et de Djokovic sur cet Indian Wells, l’ATP Circus est assez vite rentré dans l’ordre.

Il faut plus se tourner vers le circuit féminin pour constater que les cartes commencent à être sérieusement rebattues : entre les défaites surprises de Serena et le burnout physique et mental d’Azarenka, les prétendantes aux premières places se bousculent au portillon. Simona Halep vient de faire son entrée dans le top 5 et vise encore plus haut sous la houlette de son nouveau coach Wim Fissette, « gagnant » de 3 Grand Chelem avec sa compatriote Kim Clijsters. Flavia Pennetta, après avoir envisagé de prendre sa retraite l’an dernier suite à un pépin physique au poignet, vient de remporter Indian Wells. Mieux même, Na Li, décomplexée et ambitieuse après son nouveau titre du Grand Chelem en Australie, a déclaré haut et fort viser la première place mondiale.

Avec une Radwanska toujours régulière (mais au physique de plus en plus fragile), une Kerber encore dangereuse, et une Jankovic de retour parmi les meilleures, la course semble ouverte pour les prochaines grandes échéances. Qui s’en plaindra ?

Halep (photo : franceinfo.fr)

Halep aime bien passer des savons (photo : franceinfo.fr)

En vrac

Les Bryan’s vainqueurs chez les messieurs, la paire n°1 Hsieh/Peng titrée chez les dames : les spécialistes du double se portent bien, Mr McEnroe.

Le colombien Alejandro Gonzalez, 79ème mondial, a gagné ses deux premiers matchs sur le circuit principal, en battant Mannarino et Dodig, à chaque fois dans le tie-break du 3ème set. Et il a même pris un set à Djoko ! Les aficionados du circuit secondaire le connaissent depuis sa finale au « Challenger Tour Finals » en novembre dernier, qui lui avait permis de terminer l’année dans le top 100.

En battant Maria Sharapova au 3ème tour dans un match à suspense, Camila Giorgi a (encore) fait sensation. L’Italienne de 22 ans atteint ainsi son meilleur classement (67ème), avec une 3ème victoire contre une top 10 dans la poche. L’excellent site Spazio Tennis nous présente la future perle du tennis italien, marquée par le décès accidentel de sa sœur et couvée par son père argentin. Un père qui semble avoir un talent certain pour la magouille, comme nous vous disions l’autre fois. Ce qui donne lieu à des moments gênants en interview.

Nouveau stade, places de parking, plantation de palmiers…le Los Angeles Times nous explique comment Larry Ellison, le richissime propriétaire d’Indian Wells, arrive à améliorer son tournoi année après année. Ce qui donne au total plus de spectateurs que le dernier Roland Garros. Coucou Jeannot Gachassin.

Pour terminer, une vidéo sympa de 7’40 qui compile quelques points du tournoi masculin (merci à Tennis Magazine pour le lien), même s’il manque ce revers de Tim Smyczek.

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