Passing shots – Wimbledon 2012, semaine 2

Fruits de mer, politique et conte de fées : notre compte-rendu de la deuxième semaine de Wimbledon.

Outsiders, vraiment ?

Avant le tournoi, d’aucuns [point Bernard Pivot] pensaient qu’Isner et Raonic pouvaient être de dangereux outsiders, grâce à leur service aussi monstrueux qu’un album de Christophe Maé. C’était oublier un peu vite que réussir sur gazon ne se résume pas à bien servir.

Le retour, le déplacement, la volée…sont des secteurs primordiaux pour le jeu sur herbe, et les deux géants sont encore perfectibles dans ces domaines. Falla et Querrey, tombeurs respectifs de l’américain et du canadien, l’ont bien compris.

Fais l’étoile de mer avec John Isner

 

Le changement, c’est pas (encore) maintenant

Avec le succès de Federer, ce sont tout simplement 29 des 30 derniers tournois du Grand Chelem qui ont été remportés par le trio Federer-Nadal-Djokovic.

Même si l’élimination de Nadal par Lukas « BoumBoum » Rosol a causé un mini-séisme dans le monde de la petite balle jaune, on a assisté à peu de surprises lors de cette quinzaine londonienne, et quasiment aucune nouvelle tête n’a émergé  dans le paysage tennistique.

On peut seulement mentionner le premier quart de finale en Grand Chelem pour Philipp Kohlschreiber (à presque 29 ans, il était temps vu son talent), ainsi que les premières « deuxième semaine » pour Istomin (voir ici) et Brian Baker. Il faut plutôt se tourner vers les filles, où Agnieszka Radwanska est une finaliste inédite de Grand Chelem, ainsi que vers le double hommes (vous noterez la qualité de la transition).

Et là le journaliste me demande : « Pensez-vous que Murray peut vous battre demain ? »

 

Fallait bien les inviter

Sur la ligne de départ, peu de monde – y compris les intéressés – aurait parié un penny sur leur victoire finale. Et pourtant, Jonathan Marray et Frederik Nielsen ont sans doute réalisé une des plus belles performances en double de ces dernières années.

Titulaires d’une invitation, l’anglais et le danois, respectivement classés avant le tournoi 76ème et 111ème de la discipline, n’avaient disputé ensemble que 2 tournois, en challengers qui plus est.

Après avoir sorti les têtes de série n°9 Granollers/Lopez et n°8 Qureshi/Rojer aux premiers et troisièmes tours, l’aventure semblait belle mais promise à une fin imminente au moment d’affronter en 1/2-finales les jumeaux Bryan, 11 fois titrés en Grand Chelem et champions sortants.

Que nenni, le meilleur restait à venir. Maîtres de leurs nerfs au contraire des américains, frustrés de ne pas pouvoir utiliser le Hawk-Eye sur le court n°12 lors de points cruciaux, les outsiders firent mieux que se défendre. En 4 sets et 3 tie-breaks, Jonny et Freddy étaient en finale.

L’Histoire restait encore à écrire, car leurs derniers adversaires, les têtes de série n°5 Lindstedt/Tecau, étaient doubles finalistes sortants de Wimbledon. Après 5 sets et de la pluie, Nielsen – dont le grand-père fut double finaliste à Wimbledon dans les années 50 – posa une dernière volée de revers, laissant le suédois et le roumain encore fanny.

Dommage que cet authentique exploit (oui, le mot est lâché, on est des fous sur Double Faute !), sans doute encore plus fort que le titre des sud-américains Cuevas/Horna à Roland Garros 2008 ou des teenagers Oudin/Sock en mixte lors du dernier US Open, soit passé presque inaperçu.

Dorénavant, vous aurez vu de votre vivant un anglais soulever le trophée de Wimbledon (Nielsen est à gauche, Marray à droite). Merci Double Faute !

 

 

 

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Une réponse à Passing shots – Wimbledon 2012, semaine 2

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