La Raquette de Plomb 2012

Chaque fin de saison, l’ATP élit ses joueurs de l’année : meilleure progression, plus beau come-back, meilleur débutant…c’est bien gentil, mais ça manque cruellement de fun. Heureusement, Double Faute est là.

La Raquette de Plomb, c’est quoi ?

Calqué sur le modèle du Ballon de Plomb (encore merci aux Cahiers du Foot qui nous ont gentiment donné l’autorisation de plagier leur création), la Raquette de Plomb élira le joueur auteur de la saison la plus dégueulasse qui soit, tant sur le plan takeutique que tékeunique des résultats que du comportement sur et en dehors du court.

Sans plus attendre, présentation et candidature des nominés (par ordre alphabétique).

Ernests Gulbis

Le rail de coke à l’échauffement n’était sans doute pas une bonne idée

Sa saison

Parler des résultats de Gulbis en 2012, c’est comme essayer d’apprendre la bonne bouffe à un anglais, ou la discrétion à un espagnol : (très) difficile.

6 premiers mois absolument affreux, ponctués par des contre-performances contre Bubka, Fucsovics (en Coupe Davis), ou Greul.

Puis, sortie de nulle part, une victoire en 30 aces et 3 tie-breaks contre Berdych au 1er tour de Wimbledon, qui le fait revenir sous les feux de la rampe. Et dans la foulée, une défaite en 5 sets au 2ème tour contre Jerzy Janowicz.

Une saison d’Ernests Gulbis

Après un match disputé (et gagné) contre l’autre schizophrène du circuit, Benoit Paire, sur les hauteurs de Gstaad, direction le continent américain pour un été made in Gulbis.

Un premier match à Cincinnati perdu 3 et 2 contre Lu, quelques matchs gagnés à Winston Salem et nous voilà rendus à l’US Open où Ernests va nous faire sa spéciale : j’élimine une grosse tête de série au 1er tour en remontant un déficit de 2 sets, puis je perds contre un mec classé loin derrière moi au 2nd tour. Kamoulox !

Bon, tout ça ne serait peut-être pas à blamer si Ernests n’avait pas fait le kéké letton en interview plus tôt dans l’année. Petit florilège non exhaustif :

« I have been playing really well in the practices. In the practices I beat everybody. Really, whoever I practiced with, he was out. »

« I never care who I play against, I only care about my game. It’s simple. If I feel the ball well I really don’t care who I play. I can beat anybody, of course, I can lose also…. »

« No disrespect to the other guys, but when I see what kind of players are already in top 50, I’m a bit shocked. I don’t know some of the names. Even I come here to this tournament, I see some of the guys, I ask my friend, ‘Who is this?’ He is ranked top 50! »

Dans la pratique, ça donne ça : un seul quart de finale en tournoi, 80 places de perdues en un an et une 139ème place mondiale en fin d’année, son plus mauvais classement depuis…2006. Soit une saison qui ressemble plus à du Gulbisboulga qu’autre chose.

Le plus

Peut-être la phrase de l’année, suite à sa victoire contre Berdych à Wimbly :

Q. Without being really, really like polite, what is the biggest thing which you enjoy in life? Music? Verdasco says it’s food.

ERNESTS GULBIS: Okay, Verdasco, it’s his hairstyle it looks like he enjoys the most. Put gel in his hair.

Me, I will keep it a secret what I enjoy. Think about it. I think you all know.

(Un petit article pour ceux qui n’ont pas entendu parler d’une des passions d’Ernesto)

Le moins

Du coup,  ça nous emmerderait qu’un mec aussi marrant en interview gagne le prix.

 

 

Gaël Monfils

Ceci n’est pas une photo

Sa saison

L’année de Galou se résume peut-être dans la phrase de Riton, jamais avare quand il s’agit de donner des leçons (et de dire n’importe quoi) : « Monfils est perdu ». Et il attend ses parents à l’accueil ?

Monfils commence pourtant bien l’année avec ce qu’il sait faire de mieux : perdre en finale de tournoi. Mais les clowneries ne vont pas tarder : une défaite en 5 sets contre Kukushkin au 3ème tour de l’AO après avoir remonté un déficit de 2 sets à 0 et breaké dans le 5ème ; une participation au tournoi de Montpellier la semaine précédant le match de Coupe Davis chez les Canadiens à Vancouver ; une blessure au genou et une 13ème finale perdue en carrière comme récompense.

La tournée américaine qui s’ensuit n’est pas dénuée de succès : un forfait à Indian Wells pour cause de gastro, une défaite au 2ème tour à Miami contre Monaco après avoir eu deux fois un break d’avance dans le dernier set. Bon, Monaco atteindra ensuite les 1/2, mais quand même.

La blessure mensuelle survient alors : 6 semaines d’arrêt après un bobo aux abdos. Retour sur terre battue pour une saison flamboyante sur la surface ocre : une leçon contre Berdych à Madrid, une défaite contre un grabataire à Rome, un passage éclair à Nice pour se rendre compte que oui, il avait quand même bien mal au genou.

Un genou qui le gêne depuis des mois, voire des années, mais qu’il n’a jamais vraiment soigné, préférant faire des glissades inutiles, des exhibitions inutiles, ou des tournois inutiles à l’autre bout du monde juste après un énième retour de blessure.

N’ayant de cesse de nous surprendre, sa saison va se conclure en apothéose à Stockholm, avec une défaite contre le fils du concierge.

Le plus

Une candidature très fournie, travaillée de janvier à décembre, et peaufinée à l’heure où l’on écrit ces lignes.

Le moins

On a peut-être déjà trop tiré sur l’ambulance. Gaël est une cible très (trop ?) facile. Mais au fond, c’est parce qu’on est feignants et un peu comme lui : mou du genou.

 

Bernard Tomic

Mais bien sûr que je me suis donné à fond, M. l’arbitre !

Sa saison

L’année avait pourtant bien commencé. Une 1/2 à Brisbane, des victoires contre Berdych, Fish et Monfils à l’exhibition de Kooyong, un 4ème tour à l’Open d’Australie. Bon, bien sûr, il y avait déjà ces quelques soucis de conduite.

Sauf que ces bons résultats seront les seuls de sa saison, plus marquée par les matchs et les sets balancés sans combattre (sept 0/6 encaissés !).

Après une (trop) longue saison de terre battue, terminée assez piteusement au 2ème tour de Roland, Bernie nous la joue confiant au moment d’attaquer les 3 semaines de gazon, sa meilleure surface (rappelons qu’il a atteint les 1/4 de Wimbledon l’an passé pour sa première participation chez les pros) :

 »I can’t wait to get on the grass. It’s now time for me to play well. I’m very confident on grass. »

Résultat ? Un abandon d’entrée à Halle, une défaite contre Fognini au 1er tour du Queen’s, et une défaite contre Goffin au 1er tour de Wimbledon, avec en supplément, un cours de labourage aux jardiniers anglais.

Puis, à l’US Open, un match du 2ème tour expéditif contre Roddick, mais dans le mauvais sens. Il devra d’ailleurs se justifier pour éviter une amende.

Pas mal, mais peut mieux faire. Au Masters Series de Shanghaï, Tomic est éliminé au 1er tour par Florian Mayer (4/6 0/6), en ne marquant que 8 points dans le second set. Et admet sans scrupules qu’il n’a pas tout donné dans ce match.

Vous en voulez encore ? Ok, que diriez-vous d’une bagarre entre amis dans un jacuzzi ? Ou d’une petite virée discrète dans une Ferrari jaune, juste après avoir échappé de peu au retrait de permis ?

Bref, Bernie est encore un gamin, et comme tous les enfants en bas âge, il se fait punir : privé de Coupe Davis ! Mais c’est pas grave, de toute façon, il en voulait pas, na !

Le plus

Une candidature très diversifiée et originale, doublée d’une modestie à toute épreuve.

Le moins

On aura l’air bête de lui avoir décerné ce prix s’il remporte Wimbledon en 2017.


Donald Young

Une photo collector : Donald Young gagnant un match

Sa saison

6 victoires, 27 défaites, 150 places de perdues (sans être blessé). Les chiffres en disent long sur la saison de l’ex-futur grand espoir du tennis américain, dont la carrière semblait enfin lancée après une fin de saison 2011 prometteuse (1/2 à Washington, 1/8èmes à l’US Open, finale à Bangkok).

Il faut dire que l’homme aux boucles d’oreilles en diamant a cherché les emmerdes. En décembre 2011, il envoie valser l’USTA – qui vient pourtant de l’aider à entrer dans le top 50 – et repart s’entraîner avec sa mère, avec qui il plafonnait pourtant depuis plusieurs années.

Le 20 février à Memphis, Young bat Dimitrov au tie-break du 3ème set. Une date importante, car il ne regagnera plus de match avant 6 mois et un geste généreux de Leonardo Mayer. Soit au total 17 défaites de rang. Mais ça, Donald ne le sait pas encore.

Un aperçu de l’exploit

En particulier, on notera les efforts engagés lors des défaites contre Sweeting (1/6 1/6), PHM (0/6 1/6), ou Jamie Baker, 250ème mondial (1/6 4/6) ; ou encore les qualités mentales également mises en exergue contre Paire ou Chardy. Avec, au-delà des défaites, un comportement de tête à claques.

Histoire de conclure sa saison en beauté, Donald « Titanic » Young perdra au 1er tour du challenger de Charlottesville contre Michael Lammer, 286ème mondial (et ex-coloc de Federer himself), sur un score made in WTA : 6/0 2/6 6/7.

Chapeau l’artiste.

Le plus

Grâce à Donald, on a pu réviser notre vocabulaire de la lose : défaite, échec, piquette, raclée, rouste, branlée, déroute, branloute (= branlée + déroute).

Le moins

Il n’a pas réussi à battre le record mythique des 21 défaites consécutives de Vince Spadea.

 

Et maintenant, à vos votes ! Ca se passe en haut à droite 😉

Share Button

8 réponses à La Raquette de Plomb 2012

  1. Tomic, sans l’ombre d’un doute ^^

  2. Donald Young. Un mec qui avait tout pour réussir, belle patte gauche, du talent… il envoie chier ceux qui ont fait de lui qui il etait pour s’entrainer avec sa MOMAN. Une truffe. il va sombrer dans les bas fonds du classement ATP et ca sera mérité.
    Petite parenthèse pour Gulbis: avec une telle humilité, il ne faut pas s’étonner de gagner a l’entrainement et de prendre des roustes contre un 50ème mondial dont tout le monde connait la valeur sauf lui. Ce garçon a oublié que le monde nous tournait autour que lorsque l’on a entre 1 et 5 ans 🙂

  3. Gulbis me fait quand meme bien rire…

  4. Pingback: La Revue Web Tennis du Mois de Décembre 2012

  5. Le choix est difficile, c’est une belle brochette.
    Je penche pour Young quand même.

  6. donald young est quand même hors compet y’a pas à dire

  7. Pingback: Seize duels – Acte III | 15-lovetennis

  8. Pingback: Open d'Australie 2014 - Passing Shots #1 - Double faute

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *