Passing shots – Wimbledon 2012, semaine 1

Notre pot-pourri de la première semaine londonienne.

Exploits sans lendemain

Qu’est-ce qui sépare les joueurs du top 5 du reste des mortels ? Le talent, le mental, le physique bien sûr, mais par-dessus tout : la régularité. Cette capacité à rester constant sur une année entière, à garder un niveau de jeu similaire d’une surface à l’autre, de mois en mois, du jour au lendemain…n’est-ce pas messieurs Rosol et Gulbis ?

Le tchèque, 100ème mondial, après avoir dézingué jusqu’à plus soif contre Nadal, s’est retrouvé à court de carburant deux jours plus tard contre Kohlschreiber, qui l’a sorti en 3 sets secs.

Quoi, c’était pas la finale contre Nadal ?!

 

Quant au Letton, après avoir sorti Berdych au premier tour en 3 tie-breaks et 30 aces, il s’est fait sortir au tour suivant contre le polonais Janowicz, dont on parle juste après. On peut dire qu’il s’est fait plomb(i)er. [Rires dans le public]

Ces performances d’un jour sont le propre des joueurs classés un peu plus loin dans la hiérarchie. Loin d’être dénués de talent comme certains peuvent le penser, ils ont surtout du mal à jouer le feu sur la durée. On peut se rappeler de Stéphane Robert l’an passé à Roland-Garros qui après avoir éliminé Tomas Berdych (encore lui) au premier tour en revenant de 2 sets à 0, avait explosé deux jours plus tard contre Fognini : 2/6 1/6 0/6.

 

Cosmopolitisme

A l’heure où le Big 4 truste la quasi-totalité des titres, on peut se réjouir de l’émergence de certains joueurs « exotiques ».

Jerzy Janowicz, éliminé au 3ème tour contre Florian Mayer après avoir raté deux balles de match, a gagné ses premiers – et sûrement pas ses derniers – matchs en Grand Chelem. Ce grand polonais de 2m03 est un redoutable cogneur au potentiel de top 50, s’il améliore son mental. Vous pouvez lire ici un portrait détaillé de cet ancien finaliste juniors à Roland Garros et à l’US Open, dont les parents, anciens volleyeurs, ont dû vendre leurs boutiques de sport pour financer la carrière du fiston.

Denis Istomin va lui disputer contre Mikhaïl Youzhny son premier 1/8èmes de finale en Grand Chelem, une performance historique pour l’Ouzbékistan. Istomin, grand blond au physique jowilfriedtsongien (1m88 / 88kgs), a une histoire peu banale : en 2001, alors qu’il voyageait en voiture pour disputer un Futures à Tashkent, il se blesse gravement à la jambe dans un accident. Donné perdu pour le tennis, il passe trois mois à l’hôpital et ne touche plus une raquette pendant deux ans. Mais Maman Istomin, qui le coache depuis ses débuts, le persuade de reprendre le chemin des courts. Visiblement, elle a bien fait.

Malek Jaziri a été éliminé au 2ème tour, mais c’est un fait tennistique notable pour son pays . Après être devenu le premier tunisien à passer un tour en Grand Chelem au dernier US Open, il avait passé un tour à Roland Garros, ratant même des balles de match contre Granollers pour accéder aux 1/16èmes de finale. On peut lire un portrait du joueur de Sarcelles . Chose amusante, pour accéder au second tour, il a battu Jurgen Zopp, qui n’est plus très loin du meilleur classement ATP jamais obtenu par un…estonien (Andres Vysand, 81ème en 1981).

Zopp aurait pu devenir bûcheron ou conducteur de tractopelles comme bon nombre de ses compatriotes [point Thierry Roland] , mais il a préféré opter pour le tennis. Puissant joueur de fond de court, il a réussi cette année à s’extirper des qualifications de chaque tournoi du Grand Chelem. Il a également gagné son premier match dans un tournoi ATP (sur la terre de Bucarest contre Crivoi) et devrait s’installer durablement dans le top 100.

Enfin, belle performance de la Slovénie qui avait deux joueurs dans le tableau final. Blaz Kavcic, plus à l’aise sur terre, a perdu d’entrée contre Petzschner ; tandis que Grega Zemlja, invité après son succès au challenger de Nottingham, a passé un tour contre le local Goodall avant de perdre honorablement en 4 sets contre Verdasco.

Bon par contre, l’équipe de Coupe Davis du Swaziland est pas encore tout à fait au point

 

My tailor is rich

Alors oui, les anglais ont Andy Murray. Mais d’une, il est écossais ; et de deux, c’est l’arbre qui cache la forêt. (Et de trois, il ressemble à une hyène quand il s’encourage). Sur les 9 anglais engagés en qualifications, aucun n’a réussi à atteindre le tour qualificatif ; et dans le tableau final, ils étaient à peine 5 sur la ligne de départ. Les temps sont dur pour nos amis d’Outre-Manche.

Une de ces deux images représente Andy Murray, saurez-vous retrouver laquelle ?

 

A part la murène, seul James Ward représentait la Couronne au deuxième tour. Et encore, parce que le tirage au sort lui avait offert le pur terrien Andujar (aucun match gagné sur gazon en carrière) au premier tour. Notez qu’il a failli perdre, se retrouvant mené 0-3 au dernier set.

Ward, 1/2-finaliste au Queen’s l’an passé, avait une belle opportunité d’aller plus loin puisqu’il rencontrait au deuxième tour Mardy Fish, pas encore revenu à son top niveau après ses problèmes cardiaques des derniers mois. Malheureusement pour ses supporters, il n’a pas su se transcender dans le 5ème set, préférant tuer les pigeons avec son coup droit dans les derniers jeux du match.

Malgré tout, on devrait entendre parler dans les années à venir d’Oliver Golding, éliminé au premier tour par Andreev. Là encore, le jeune brit, vainqueur du dernier US Open juniors, avait une occasion en or de passer un tour en Grand Chelem, vu que l’ex-boyfriend de Kirilenko est peu réputé pour son appétence au gazon et revenait d’une blessure au dos.

Mais Golding, pas encore 19 ans et fils d’acteur, n’est pas un anglais pour rien : il a – pour le moment – le mental friable et la double faute facile. Le genre de truc à pas faire sur une balle de 2 sets à 1 dans le tie-break du 3ème set…ou quand on s’approche de la fin du match (deux doubles dans le dernier jeu du match, soit 10 au total…merci pour la dédicace Oliver). Dommage, car le néo-pro avait montré une jolie qualité de frappe de fond court, associée à un service assez dévastateur (17 aces).

Share Button

6 réponses à Passing shots – Wimbledon 2012, semaine 1

  1. Nice blog!!! Like the fun way it’s written.

  2. Pingback: Passing shots - Wimbledon 2012, semaine 2 - Double faute

  3. Good job guys !!
    Enfin un endroit où l’on parle vraiment Tennis !

  4. Je suis arrivé ici via la photo de hyène, mais visiblement ce n’est pas un site sur la faune africaine… tanpis…

  5. Pingback: Passing shots #3 - Double faute

  6. Pingback: Some cool stuff that happened in 2013 : un hommage à ShankTennis - Double faute

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *